Nouveaux votants : la Gen Z entre suicide et quête de sens

À un an de la présidentielle, la génération Z est courtisée par toute la classe politique. Pourtant, c'est aussi celle qui va le plus mal : plus déprimée, plus anxieuse, plus fragile que toutes celles qui l'ont précédée. Et si la cause de ce mal-être n'était pas médicale, mais morale ?
Dans cet épisode, Marc Weitzmann reçoit Pierre Valentin, philosophe né en 1998, pour son nouveau livre Malaise dans la génération Z (Gallimard). Sa thèse : ce qu'on diagnostique comme une crise de la santé mentale est en réalité une crise du sens. Dans le sillage de Christopher Lasch, il montre comment l'effondrement des appartenances a creusé un vide identitaire comblé par une identité victimaire « tamponnée par la science ».
De l'addiction au format court à l'effondrement de l'avenir, de la dette publique comme déni du lendemain à la culture thérapeutique du non-jugement, la conversation déroule un paradoxe glaçant : à force de répéter à une génération « tu n'es pas coupable », ne lui a-t-on pas appris qu'elle « n'était pas capable » ? Une conversation pour comprendre ce que la souffrance d'une génération dit de notre époque tout entière.